L’écrivain et psychiatre portugais, né en 1942 à Lisbonne, où il est mort, est considéré comme l’une des grandes voix du roman contemporain de langue portugaise.
Né en 1942 dans le quartier de Benfica, au sein d’une famille de la grande bourgeoisie lisboète, António Lobo Antunes a découvert au début des années 1970 les horreurs de la guerre coloniale menée en Angola, où il est envoyé comme médecin militaire, pendant 27 mois. À son retour à la vie civile, en 1973, il ouvre un cabinet de psychiatrie dans un hôpital de Lisbonne et connaît le succès dès son deuxième roman, Le Cul de Judas, paru en 1979, monologue d’un homme revenu de la guerre et de ses horreurs. Une expérience qui n’a cessé de le hanter et qui inspirera une bonne partie de son œuvre, jusqu’à la fin. En témoigne son roman Jusqu’à ce que les pierres deviennent plus douces que l’eau, traduit en 2019 chez Christian Bourgois, son fidèle éditeur français. C’est à partir du milieu des années 1980 qu’il s’était consacré exclusivement à l’écriture, mêlant fictions, chroniques, essais et poésie [...]
Mort d’Antonio Lobo Antunes, romancier portugais au regard acerbe sur son pays
Il a été longtemps sur la liste des « nobélisables ». Ce jeudi 5 mars, le romancier portugais Antonio Lobo Antunes est décédé à Lisbonne, à l’âge de 83 ans. Conscient de l’importance et de la célébrité de l’écrivain dans son pays, le gouvernement portugais a décrété une journée de deuil national pour samedi.
C’était un combattant au service de la littérature. Même atteint de trois cancers, le romancier avait continué à publier un roman par an. Et sa maison d’édition, Dom Quixote, vient de révéler aujourd’hui qu’elle publiera en avril un recueil de poésies écrites par Lobo Antunes tout au long de sa vie.
António Lobo Antunes est une légende dans le monde de la littérature, un immense écrivain portugais qui se tient souvent à distance et n’aime guère parler de son travail. Il revient aux lecteurs de le faire, ou aux amis, ceux qu’il a connus et aimés, comme Christian Bourgois (1933-2007), son éditeur en France à qui il reste fidèle. Ancien psychiatre, il vit à Lisbonne dans un appartement où sa bibliothèque géante grimpe aux murs parcourus par une coursive. À 76 ans, António Lobo Antunes lit et écrit constamment, remplissant d’une écriture minuscule des feuilles qu’il corrige sans cesse, inquiet du temps qui passe, de tout ce qui le retarde dans son œuvre.
Le romancier portugais Antonio Lobo Antunes, décédé jeudi à Lisbonne à l'âge de 83 ans, était un des écrivains lusophones les plus lus dans le monde, auteur d'une œuvre exigeante qui dévoile avec ironie les conflits intérieurs de la société portugaise contemporaine.
Plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, Lobo Antunes est l'auteur d'une œuvre mêlant roman, poésie et autobiographie dans un style baroque et métaphorique.
Le gouvernement portugais a décrété une journée de deuil national qui sera observée samedi, a annoncé le cabinet du Premier ministre Luis Montenegro, qui a rendu "un hommage très ému" à l'écrivain.
"Antonio Lobo Antunes a écrit toute son œuvre de romancier, mais aussi de chroniqueur, dans un registre de tendresse incisive, mettant côte à côte la douleur et l'échec des vies ordinaires avec les tragédies politiques, l'excès et l'empathie", a pour sa part réagi le président Marcelo Rebelo de Sousa.
Marié deux fois et père de trois filles, l'auteur s'était remis de trois cancers tout en continuant d'écrire en moyenne environ un roman par an, mais il avait plus récemment cesser de publier.
Le romancier portugais Antonio Lobo Antunes à Lisbonne au Portugal le 3 septembre 2015 - AFP/Archives




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